Evaluation de l'enseignement

L'évaluation de l'enseignement par les étudiants est une pratique de plus en plus courante dans les universités françaises. Elle me paraît assez indispensable pour faire les ajustements nécessaires dans le but, in fine, que les étudiants acquièrent le maximum de connaissances. Ce n'est pas une pratique courante dans quelques facs et universités. Je vous présente un petit retour d'expérience lié au questionnaire que j'ai mis en place. Il y a quelques questions clés à se poser avant de diligenter ce questionnaire.

A quel moment faut-il diligenter le questionnaire ? A mon sens, la solution la plus pertinente est de mettre en place deux sessions d'évaluation de l'enseignement.

- La première intervient à mi-parcours pour ajuster les pratiques pédagogiques des dernières séances.

- La seconde session intervient après les partiels et même après avoir rendu les notes. En effet, le questionnaire doit notamment comporter des questions portant sur les modalités d'évaluation des connaissances. Si l'université n'a pas "institutionnalisé" cette pratique, il est souvent compliqué, voire impossible, de diligenter ce second questionnaire (les étudiants ayant fini l'année par exemple).

N'ayant pas trouvé de solution pour diligenter la seconde session d'évaluation, je n'ai pu faire que la première. Cette session est cependant intervenue après le premier contrôle continu. Ainsi, j'ai malgré tout pu poser des questions sur les modalités d'évaluation.

Remplir le questionnaire doit-il être obligatoire ou facultatif ? Si c'est facultatif, il y a un risque : seuls les étudiants mécontents ou dithyrambiques prennent le temps de le remplir. Si leurs remarques sont pertinentes et doivent être prises en compte, le questionnaire ne permettra pas d'observer l'opinion de la majorité "silencieuse". Il me semble donc que le questionnaire doit être obligatoire !

A ce propos, j'ai pris 10 minutes sur une séance (de TD) afin que les étudiants remplissent le questionnaire. Avec cette solution, remplir le questionnaire est, de fait, obligatoire. J'ai trouvé que l'investissement en temps (10 min de cours perdu) est plus que rentable grâce aux commentaires de ces derniers !

Remplir le questionnaire doit-il être anonyme ? Cela me paraît juste indispensable : la liberté de parole et d'opinion se fait à cette condition. Si les copies ne comportent pas de nom, il me semble indispensable que l'enseignant (pour lequel l'enseignement est évalué) ne soit pas être en face des élèves lorsque ceux-ci remplissent le questionnaire. Il est donc nécessaire de formuler des consignes claires avant de sortir de la classe pour laisser les étudiants échanger et comparer leurs idées.

Dans mon cas, j’interviens en IUT. Les étudiants ont entre 17 et 20 ans. Je leur ai rappelé que l’évaluation porte non pas sur l’enseiGNANT (la couleur de ses chaussures et/ou le style vestimentaire…) mais que l’évaluation porte bien l’enseiGNEMENT. C’est une consigne qui a été respectée.  Je pense donc que tous les étudiants (pas que ceux de Master) ont des idées intéressantes à faire passer !

Par ailleurs, malgré le fait que les questionnaires soient anonymes, il me paraît indispensable qu' un des étudiant ramasse les questionnaires. Cela évite que les certains d’entre eux s'imaginent que le prof puisse retrouver leur identité en fonction de l'ordre de ramassage des questionnaires.

Il y a cependant une limite. Si personne n'est en face des étudiants, nous pouvons observer des groupes de réponses similaires. Cela est lié au fait que les étudiants ont échangé leur point de vue avant de répondre. Est une bonne ou une mauvaise chose ? Je n'ai pas la réponse. Si l'on veut des réponses personnelles et non par groupe, la solution serait qu'un personnel (autre que le prof) soit en face des étudiants lorsque les questionnaires sont remplis.

Le questionnaire doit-il être long ? En tant que prof, nous avons envie que plein d'aspects du cours soient évalués par les étudiants. Cependant, l'attention baissant au fur et à mesure du remplissage du questionnaire, les réponses aux dernières questions sont plus neutres (par exemple, si on utilise une échelle pour répondre aux questions, l'écart type faiblit au fur et à mesure du questionnaire). Il y a donc un effet de lassitude. Il faut donc veiller (i) à ce que le questionnaire ne soit pas trop long et (ii) à mettre les questions qui vous paraissent les plus importantes au début du questionnaire.

Quelles sont les questions à poser ? Personnellement, j'ai demandé à plusieurs sources des "exemples" de questionnaires. A partir de ces différents éléments, j'ai établi mon propre questionnaire (il est disponible en pièce jointe à la fin de la page). L'alternance de questions fermées (avec des échelles) et de questions ouvertes me semble pertinente et évite partiellement les effets de lassitude. J'ai trouvé que les réponses aux questions ouvertes ont été beaucoup plus instructives que les questions fermées.

Cela prend-il du temps ? La réponse est malheureusement oui. J'ai identifié quatre phases chronophages (i) monter son questionnaire (ii) faire répondre les étudiants (iii) traiter les questionnaires (c.a.d. entrer les données dans un tableur excel) et (iv) montrer les réponses aux étudiants. La phase qui prend le plus de temps est bien entendu la phase (iii) (dans la mesure où les évaluations des enseignements ne sont pas institutionnalisées).

Une solution à ce problème est de faire répondre les étudiants via un questionnaire en ligne (i.e. https://www.survio.com/survey/d/T4F8E8H0H4T4K0W9T). Cependant, à chaque fois que j'ai utilisé cet outil, le taux de répondant était 35 % plus faible que sur papier.  Dans tous les cas, il me semble assez important de montrer les réponses aux étudiants (phase iv). Ceci est indispensable si le contrat didactique est légèrement modifié suite aux réponses.

N'hésitez pas à régir, exposer vos expériences ...

evaluation-de-l-ensiegnement.pdfevaluation-de-l-ensiegnement.pdf

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